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Les quatre derniers membres d’une délégation congolaise otage d’un groupe armé avec lequel elle était venue négocier en Ituri (nord-est de la RDC) sont libres après près de deux mois de détention, a annoncé mardi un porte-parole.

Ce porte-parole, Pitchout Mbodina Iribi, qui représente la « Task force pour la paix, la réconciliation et la reconstruction de l’Ituri », a annoncé « la libération de Thomas Lubanga et Floribert Ndjabu mais aussi de tout le reste des membres de la délégation ». Il s’agit de deux colonels de l’armée congolaise, Justin et Désiré Lobho.

Les quatre hommes ont plutôt « échappé » à leurs ravisseurs, a déclaré à l’AFP sous couvert d’anonymat un autre membre de la Task force, indiquant que « tous sont arrivés à Bunia », chef-lieu de l’Ituri, mardi matin. « Je manque de mots pour remercier et féliciter notre armée », a déclaré Thomas Lubanga à son arrivée à Bunia. « Une coordination parfaite de nos forces armées avec les colonels qui étaient avec nous a conduit à défaire » le groupe de ravisseurs, a-t-il précisé.

« Des négociations avaient été entreprises », a rappelé Thomas Lubanga. Mais « nous étions devenus pour nos ravisseurs des trophées, avec lesquels ils pouvaient faire du chantage pendant des mois ». Et d’ajouter : « Nous n’avions plus rien à espérer (…). C’est à ce moment-là que notre armée est intervenue ».

Crimes contre l’humanité

Au total, huit membres de cette Task force avaient été pris en otage le 16 février par les combattants du groupe armé Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), organisation mystico-militaire qui prétend défendre les membres de la communauté Lendu.

La délégation, qui comprenait notamment les anciens chefs de guerre Thomas LubangaGermain Katanga – jadis condamnés par la Cour pénale internationale – et Floribert Ndjabu, avait été missionnée par le président Félix Tshisekedi pour négocier un cessez-le-feu et la démobilisation des miliciens en Ituri, province en proie à des violences considérées par les Nations unies comme des crimes contre l’humanité.

Alors que les négociateurs étaient en pourparlers avec les miliciens CODECO, ces derniers les avaient pris en otages, en reprochant à l’armée d’avoir bombardé la zone durant la réunion. Les miliciens exigeaient la libération des prisonniers CODECO et des membres de la communauté Lendu « arrêtés arbitrairement », la cessation des opérations militaires et la levée de l’état de siège.

État de siège

Depuis, un premier otage, le professeur Jean-Baptiste Dhechuvi, avait été libéré le 21 mars, puis trois autres le 4 avril : le général Germain Katanga, le président de l’Union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri (Unadi) Janvier Ayendu Bin Ekwale et le chauffeur du groupe.

L’Ituri et la province voisine du Nord-Kivu sont placées sous état de siège depuis mai 2021, sans que cette mesure ait permis jusque-là de mettre fin aux exactions des groupes armés dans la région

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