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Entretien avec Madame Fatou Diané, Minsitre de la Femme,de la Famille et de la protections des enfants de la République du Sénégal.

Comment va la femme sénégalaise ?
La femme sénégalaise va très bien en tout cas mieux qu’il y’a 10 ou 15 ans parce qu’il y’a 10 ans, on parlait de l’émancipation de la femme. Maintenant on parle d’autonomisation de la femme ça veut dire que sur le fond et la forme ça évolue. La femme sénégalaise aujourd’hui est de plus en plus autonome sur le plan social, économique et financier parce qu’il y a beaucoup d’enjeux, beaucoup de problématiques qui sont soulevés déjà au niveau de la plus haute autorité qui est le président de la république qui a porté son choix sur deux couches de la population à savoir les femmes et les jeunes. Donc toutes les politiques publiques aujourd’hui sont faites autour des femmes et des jeunes. Vraiment il en a fait son sacerdoce. Actuellement il insiste pour nous dire de mettre en place des politiques publiques et au niveau d’application du genre il faut que les femmes soit intégrées dans les niveaux de décisions. Aujourd’hui on a la loi parité qui existe au Sénégal et dans les différentes institutions et représentations étatiques on voit de plus en plus de femmes. C’est vrai qu’il y a encore des choses à faire mais moi j’estime que la femme sénégalaise va bien.

Que vous inspire le choix porté sur vous par le Chef de l’état ? Et à quel point êtes vous engagée pour la jeunesse et les femmes ?

En réalité le choix moi je le comprends par beaucoup de facteurs. Nous avons une population relativement jeune, on dit souvent que c’est plus de 75% de jeunesse combinée d’une population dominée par les femmes plus de 52% alors ce sont ces deux facteurs qui ont orienté le choix. Naturellement que la femme jeune va être représentative donc c’est pour moi une occasion de saluer cette bonne dynamique parce qu’en fait pour parler de la représentativité ou la réincarnation des politiques publiques, il faut tout le temps prend en compte la dynamique démographique car à un moment donné on avait nos mamans de la soixantaine révolue qui occupaient les ministères parce qu’en ce moment-là, on n’était pas à ce niveau démographique ou on a plus de jeunes que de femmes. A un moment donné on se rend compte que l’on a plus de jeunes et de femmes au Sénégal c’est donc tout à fait logique que le choix tourne envers ces couches de la population. Je peux naturellement incarner la femme sénégalaise de par mon âge, mon passage modeste en termes de cursus universitaire et professionnel qui peux en même temps parler de la vraie femme sénégalaise parce que je le suis.
J’intègre les valeurs de la femme sénégalaise et je vis ici, j’ai ma famille mes enfants et je m’occupe bien de mon mari, je gère bien mon foyer et ça, c’est la vraie femme sénégalaise. Et il faut aussi penser au fondamental de la société sénégalaise qui n’est rien d’autre que l’éducation de base ancrée sur la religion parce que je suis une musulmane pratiquante. Au-delà on ajoute la dimension intellectuelle ou j’ai fais des études supérieures, et j’ai été en France en y résidant plus de 10 ans. Je suis rentrée avec un doctorat en économie et j’étais rentrée pour véritablement servir notre pays. Parce qu’au moment de rentrer j’étais à MUREX, une grande entreprise qui se trouve en plein de cœur de Paris ou j’étais très bien payée.
L’intérêt pour moi était de servir mon pays et donc je suis rentrée à la première occasion pour être experte auprès du ministère des finances où j’ai travaillé pendant 15 ans dans l’administration sénégalaise. Donc je me retrouve aujourd’hui pour incarner la femme sénégalaise dans ses valeurs mais également pour porter la politique de la femme sénégalaise à travers l’entrepreneuriat, à travers la protection des droits de la femme et des enfants pour vraiment porter toute la politique publique et amorcer de bonnes perspectives.

Avez-vous un message pour les jeunes filles qui peinent à poursuivre leurs études pour diverses raisons ?
Juste leur dire que tout est possible dans la vie comme on dit, l’impossible n’existe pas. Cela n’existe que sur le papier moi j’y crois parce que ce n’est pas la famille ou l’aisance de celle-ci ou la situation financière de la famille qui détermine l’avenir d’une personne. Moi je ne suis pas d’accord parce que je suis un exemple vivant car ma mère était une femme au foyer qui faisait du commerce à ses heures perdues, mon père était chauffeur. Rien ne prédestinait à ce que je sois à ce niveau aujourd’hui pour mener la destinée de toutes les femmes sénégalaises. Je leur dit simplement qu’il faut de l’endurance et du courage. Je pense que c’est ça en fait le mot c’est le courage et également sortir le mot impossible dans leur vie. Ne pas avoir en tête que ce boulot est pour les hommes et non les femmes. Tous les boulots se féminisent maintenant. Tout dépend ce qu’on veut faire, là-où on veut arriver et tout dépend de l’espérance et de l’endurance.

Propos recueillis par Ismaila Badji

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