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Les secouristes marocains, appuyés par des équipes étrangères, poursuivent lundi une course contre la montre pour retrouver des survivants et fournir l’assistance à des centaines de sans-abris dont les maisons ont été rasées, plus de 48 heures après le séisme qui a fait plus de 2.100 morts.

Le Maroc a annoncé dimanche dans la soirée avoir répondu favorablement, « à ce stade », aux offres de quatre pays « d’envoyer des équipes de recherche et sauvetage »: l’Espagne, la Grande-Bretagne, le Qatar et les Emirats arabes unis.

Ces équipes sont entrées en contact avec leurs homologues au Maroc en vue de coordonner leurs efforts, a précisé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

L’Espagne a affirmé avoir déjà envoyé au Maroc 86 secouristes accompagnés de chiens spécialisés dans la recherche de victimes, tandis qu’un vol humanitaire qatari a décollé dimanche soir de la base aérienne d’Al-Udeid, dans la banlieue de Doha, selon un journaliste de l’AFP.

D’autres offres pourraient être acceptées à l’avenir « si les besoins devaient évoluer », a ajouté le ministère.

De nombreux pays, de la France aux Etats-Unis, en passant par Israël, avaient proposé leur aide au Maroc après le séisme dévastateur qui a fait 2.122 morts et 2.421 blessés, selon un dernier bilan publié dimanche par le ministère de l’Intérieur.

En attendant le déploiement des équipes de sauvetage étrangères sur le terrain, les autorités marocaines ont commencé à dresser des tentes dans le Haut-Atlas, où des villages ont été entièrement détruits par le séisme.

Paysage apocalyptique

Des secouristes, volontaires et membres des forces armées s’activent de leur côté pour retrouver des survivants et extraire des corps des décombres, notamment dans des villages de la province d’Al-Haouz, épicentre du séisme au sud de la cité touristique de Marrakech, dans le centre du royaume.

A Tikht, un petit village près d’Adassil, un minaret et une poignée de maisons en argile non peintes tiennent debout au milieu d’un paysage apocalyptique.

« La vie est finie ici », déplore Mohssin Aksum, 33 ans, un habitant. « Le village est mort ».

Non de loin de là, des forces de sécurité marocaines creusent des tombes pour les victimes, tandis que d’autres installent des tentes jaunes pour les rescapés du séisme qui sont restés sans-abris.

Le tremblement de terre survenu tard vendredi soir, de magnitude 7 selon le Centre marocain pour la recherche scientifique et technique (6,8 selon le service sismologique américain), est le plus puissant à avoir jamais été mesuré au Maroc.

Face à l’ampleur de la destruction, la solidarité s’organise à Marrakech où de nombreux habitants se sont rués dans les hôpitaux pour donner du sang pour les victimes.

« Nous sommes en train de collecter des denrées alimentaires pour aider les zones touchées par le tremblement de terre », a déclaré à l’AFP Ibrahim Nachit, membre de l’association Draw Smile qui prévoit aussi l’envoi d’une « caravane médicale » aux zones les plus sinistrées.

« Je pense que les provisions alimentaires collectées aujourd’hui devraient pouvoir soutenir au moins 100 familles pendant une semaine », a ajouté de son côté Abdeltif Razouki, vice-président de l’association.

« Fissures importantes »

La Croix-Rouge internationale a alerté sur l’importance de l’aide humanitaire à venir. Les « 24 à 48 heures (sont) critiques » et il y aura des besoins pour « des mois voire des années ».

En plus des pertes humaines et des villages détruits, le patrimoine architectural du royaume a été affecté par le séisme. A Marrakech, sur les 700 hectares de la médina, la vieille ville, les dommages sont par endroits impressionnants.

Les remparts du XIIe siècle qui entourent la cité impériale, fondée vers 1070 par la dynastie des Almoravides, sont en partie défigurés.

« On peut d’ores et déjà dire qu’ils (les dégâts) sont beaucoup plus importants qu’on ne l’attendait. Nous avons constaté des fissures importantes sur le minaret de la Koutoubia, la structure la plus emblématique, mais aussi la destruction quasi-complète du minaret de la mosquée Kharbouch » sur la place Jemaa el-Fna, note Eric Falt, directeur régional du Bureau de l’Unesco pour le Maghreb.

Ce séisme est le plus meurtrier au Maroc depuis celui qui avait détruit Agadir, sur la côte ouest du pays, le 29 février 1960. Près de 15.000 personnes, soit un tiers de la population de la ville, y avaient péri

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