1 6 minutes 2 ans
Lauras Anagonou – Banquier d’affaires à Wall Street (New-York)

Les réunions de printemps de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International se sont déroulées du 9 au 11 Avril 2021. Des acteurs d’horizons divers tels que des gouverneurs de banques centrales, des membres de divers gouvernements, des banquiers d’affaires, des professionnels du développement international, des chefs d’entreprises , et des représentants de la société civile se sont réunis pour discuter des thématiques sur une relance économique résiliente et inclusive. Le climat, la dette des pays en développement et l’accès équitable aux vaccins contre la COVID-19 étaient aussi au cœur des échanges.

Sur le front économique, il faut noter qu’en 2020 la crise sanitaire a plongé l’économie mondiale dans sa pire récession depuis la deuxième guerre mondiale. Le PIB planétaire s’est contracté et les inégalités socio-économiques se sont creusées. Sur le continent Africain, qui a connu sa première récession économique depuis 25 ans, la pandémie a poussé près de 40 millions d’habitants dans l’extrême pauvreté selon la Banque Mondiale. Pour soutenir une reprise économique rapide et inclusive il faut des apports financiers aux pays à faibles revenus. Il est aussi primordial de satisfaire les besoins de financements des PME/PMI. En Côte d’Ivoire par exemple, la Société Financière Internationale (IFC) a octroyé un prêt de 28 millions de dollars à NSIA Banque Côte d’Ivoire pour renforcer les entreprises ivoirienne dont la trésorerie a été fortement dégradée par les conséquences de l’épidémie de COVID-19.

Quant aux commerçants du secteur informel, la fintech sud-africaine Nomanini en partenariat avec quelques institutions financières telles que Standard Bank a doublé sa capacité d’octroi de microcrédits aux détaillants du secteur informel. Cette expérience devrait être explorée dans d’autres pays sur le continent Africain. Il faut rappeler que la part du secteur informel prédomine dans le PIB et l’emploi des économies africaines. En plus d’aider des millions d’employés du secteur informel qui n’ont aucune protection sociale, les gouvernements des pays en développement devraient continuer à initier des réformes pour accompagner la création des emplois, investir dans les infrastructures numériques pour une économie numérique forte et inclusive et enfin, penser les politiques publiques à travers le prisme de l’équité pour freiner la progression des inégalités.

En ce qui concerne la dette publique des pays en développement, les responsables des institutions de Bretton Woods encouragent une politique d’emprunts prudente et une gestion transparente de la dette publique afin que tout emprunt contribue à la croissance et l’installation d’un environnement propice aux investissements privés. Notons que le financement par la dette joue un rôle crucial dans le développement parce que les crédits bancaires n’atteignent que 20% des ménages et entreprises en Afrique, un continent sous financé qui doit produire environ 13 millions d’emplois par an. Les pays de l’Afrique sub-saharienne ont particulièrement besoin des emprunts pour financer les objectifs de développement durable de 2030. Outre la transparence sur les dettes souveraines des pays en développement, la Banque Mondiale préconise la suspension, la réduction, et/ou la restructuration de la dette.

Sur le plan climatique, la Banque Mondiale compte promouvoir des fonds pour financer les infrastructures vertes et aider les pays en développement à respecter les engagements des Accords de Paris sur le climat. Les changements climatiques ont des effets néfastes tels que les inondations, les mauvaises récoltes, et l’insécurité alimentaire. Les facteurs de stress climatique peuvent exacerber la concurrence pour les ressources naturelles, ce qui peut entraîner des migrations et des conflits ethniques. Il est primordial d’amorcer une reprise économique axée sur le respect de l’environnement car il est impératif de sauvegarder la biodiversité et laisser aux générations futures une planète plus résiliente et plus verte.

Enfin, les panélistes ont abordé le sujet de l’accès aux vaccins contre la COVID-19 par les pays en voie de développement. Seulement 0,1% des vaccins de la COVID-19 ont été administrés dans les pays à faible revenu contre 56% dans les pays riches selon l’AFP. La Banque Mondiale a prévu une enveloppe de 12 milliards de dollars pour aider les pays à revenu faible et intermédiaire à assurer l’achat et la distribution de vaccins, de tests et de traitements anti-COVID et à renforcer leurs systèmes de vaccination. En outre, COVAX, une initiative codirigée par le GAVI pour assurer un accès équitable aux vaccins a promis d’aider les 92 pays les plus pauvres à obtenir 1,8 milliards de doses de vaccins. Les entreprises privées devraient aussi collaborer avec les gouvernements et ONGs pour relever les défis logistiques de distribution des vaccins.

Une réflexion sur “ Les Réunions de Printemps 2021 de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International : Compte-rendu de Lauras Anagonou

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *