Entretien avec Madame Hawa BEAVOGUI  » les femmes doivent aller à l’entrepreneuriat par vocation… »

1- Quelle lecture faîtes-vous de la place de la femme dans la société guinéenne ?
Nous savons tous que la femme est le baromètre de la société, nous assurons l’équilibre quelle soit sanitaire, économique ou social. Il se trouve que très malheureusement en Guinée où les femmes représentent 52% de la population, elles sont exposées à la pauvreté et à la précarité. Elles sont très vulnérables et supportent les fardeaux de la société. C’est elles qui sont plus à l’avant-garde pour l’éducation des enfants, et pour subvenir au besoin surtout avec la pandémie qui a touché le monde et la Guinée n’était pas épargnée. Les femmes étaient en première ligne elles ont supporté réellement cette pandémie et cela ne les a pas empêché de s’impliquer également dans le processus de lutte contre le coronavirus. Elles étaient là en première ligne pour sensibiliser à travers les ONG, la communauté à respecter les mesures barrières. Mais aussi vu que toutes les activités économiques ont été interrompues ou ralenties, il y a bon nombre qui vont vers le Sénégal dans le cadre du commerce prendre les marchandises et revenir au pays. Mais avec la fermeture des frontières elles ne parvenaient pas à aller il fallait trouver autre chose à faire. C’était compliqué nous savons mais qu’à cela ne tienne les femmes ont tenu coup et elles ont pu réellement faire face à ce fardeau quotidien qui est d’assurer cette popote c’est compliqué mais malgré cela les femmes tiennent haut le flambeau. Depuis la création du département pour l’autonomisation des femmes le 19 Juin 2020 cela à susciter un espoir parce que déjà la composante autonomisation n’était pas connue par la gente féminine. Le Président de la République a eu cette volonté politique avéré de scinder le département de l’action sociale. A l’époque le ministère de la promotion féminine, de l’action sociale et de l’enfant ne faisait qu’un. Il en a fait un département spécifiquement dédié aux femmes qui est le département du droit des femmes et de leur l’autonomisation c’est important. Et nous on sait que, le président a placé les femmes au cœur de son projet de société. Ce mandat a été dédié aux femmes. Il aura fallut qu’on se batte pour pouvoir assurer la visibilité de ce département pour faire comprendre aux femmes son importance et l’accompagnement que le président veut assurer pour elles. Et pourquoi pas un accompagnement moral et une multiplication des prises de contacts avec les femmes pour leur expliquer la création de ce département, sa mission et ses objectifs. Les femmes sont en amont, au centre et en aval de toutes les activités bien que la société guinéenne soit fortement patriarcale mais la femme guinéenne parvient toujours à se frayer son chemin. A titre illustratif, lors de l’indépendance de la Guinée, les femmes étaient au au devant de la scène. Elles ont vraiment inspiré, elles ont accompagné nos hommes politique certes on n’arrive pas à s’afficher en première ligne dans la politique mais les femmes sont de véritable mobilisatrices. Elles peuvent influencer sur les différentes élections. Les femmes sont fondamentales il faudrait que nous parvenons à les organiser davantage. Elles sont organisées mais il faudrait que nous puissions leur assurer un accompagnement technique parce que le moyen le plus sûr de l’autonomisation c’est l’entrepreneuriat. Elles viennent à l’entreprenariat par opportunité, pour pouvoir subvenir à leur besoin mais il faudrait que parvenons à les faire venir à l’entrepreneuriat par vocation. Si parvenons à faire cela je me dis que c’est le moyen le plus sûr d’atteindre l’autonomisation économique, sociale, culturelle et politique des femmes.


2- Conformément à la vision du Chef de l’État le Professeur Alpha Condé, quels sont les programmes mis en place par le Ministère pour l’autonomisation des femmes ?

Nous avons des projets et lorsque je venais d’arriver à la tête de ce ministère, j’ai trouvé un important programme d’appui à l’autonomisation des femmes qui a dans un premier temps permit de former plus d’une centaine de groupement féminin. Leur permettant de renforcer leur capacité technique en transformation agroalimentaire. Ce programme avait pour objectif fondamentale de créer de la chaine de valeur. Dans la transformation agroalimentaire ce programme a réellement doté les femmes d’outils de gestion car nous savons que les femmes dans les différentes activités économiques elles font leur gestion à la libanaise. Et elles ne sont pas doté d’outils de gestion appropriés ainsi que les procédures administratives et comptables adéquat. Les groupements ont été formé à cela et elles ont aussi eu les manuels de procédures administratives. En technique de transformation agroalimentaire, on leur a fourni des équipements de robot-mixeurs parce que nous savons qu’en Guinée nous avons des terres arables mais très malheureusement nous n’avons pas les mécanismes de transformations requis pour les développer.
Les femmes doivent penser à l’agriculture et aussi à créer une chaine de valeur dans la production, la transformation, et la commercialisation des produits agricoles. Ce programme a pu accompagner 600 femmes ce qui représente un nombre important. Récemment, avec la survenance de la pandémie ce programme a été interrompu. C’est l’autofinancement du gouvernement et le PNUD qui nous accompagne actuellement. Mais le programme a été interrompu. Et dès ma nomination à la tête de ce département j’ai dans un premier temps cherché à relancer les activités du programme. Nous avons pu réussir cette relance et nous avons le mois passé présenté les acquis grâce à la transformation des fruits, de légumes et des tubercules en jus de fruits, confitures.
Nous avons pu commander des bocaux et à travers la cérémonie de présentation des acquis du programmes PFAFAE présidé par le président de la république qui nous a recommander à créer davantage de chaines de valeur parce que lui-même, s’inscrit dans cette logique. Car il veut créer une chaine de valeur dans les produits agricoles, les produits de rentes et aussi aller vers les femmes rurale c’est important parce qu’il ne faudrait pas que les activités liés à l’autonomisation de femmes soient uniquement consacrées aux zones urbaines. Les femmes qui sont dans les zones rurales représente plus de 70% de la population guinéenne si nous parvenons à assurer l’insertion socioéconomique de ces femmes on pourra réellement parvenir à faire régresser la pauvreté et aussi à assurer cette participation active des femmes à la construction de notre nation et pourquoi pas favoriser leur inclusion économique c’est important aussi . Il y a un autre programme qui est en très bonne position. Le programme d’appui à l’entreprenariat féminin. C’est un projet qui est financé par l’AFD et l’UE qui a une enveloppe de 15 millions d’euro nous avons négocié sur les différentes étapes du programme, les acteurs partenaires, c’est le ministère des investissements et pour le partenariat public privé, c’est l’ APIP qui est l’Agence de Promotion des investissements Public qui à la maitrise d’ouvrage délégué nous, nous sommes la maitrise d’ouvrage les deux départements et l’APIP est est la maitriser d’ouvrage déléguée. Nous voulons soutenir l’entreprenariat féminin et je parlais tantôt de d’amener les femmes à aller à l’entreprenariat par vocation je voudrais réellement construire l’écosystème holistique de l’entreprenariat féminin parce qu’éant un nouveau département il faudrait qu’on ait des documents stratégique, un cadre institutionnel très bien renforcé, la politique national d’autonomisation, le plan de développement stratégique des femmes ainsi que les plans d’actions opérationnel. Ce programme va prendre en charge l’élaboration de ces documents stratégiques ainsi le renforcement des capacités du ministère parce qu’il faudrait amener le ministère à pérenniser ses acquis nous allons certainement atteindre les acquis qui vont consister a assuré l’accompagnement des femmes , à travers l’entreprenariat d’initiation ou leur accompagnement certes pour celles qui sont déjà dans l’entreprenariat. Nous aurons des techniques suffisamment appropriée pour pouvoir assurer la pérennisation parce qu’on a besoin pour mettre en œuvre ces documents stratégiques on a besoin d’un financement il faudrait qu’on soit réellement outillé en technique de mobilisation des ressources. Et parlant de ce entreprenariat il faudrait que nous puissions mettre en place une base de données très holistique pour pouvoir réellement avoir une vue d’ensemble sur les besoins des femmes pour que cette base de donnés soit dynamique et si nous parvenons à faire la cartographie des groupements ainsi des que des entreprises et organisation des femmes nous pourrons progressivement prendre de bonnes décisions en termes de mobilisation en termes d’accompagnement. J’ai un devoir de résultat et comme c’est un nouveau département ce n’est pas facile car c’est très complexe construire une structure administrative mais je veux vraiment si Dieu me donne la chance et la longévité après ici que je puisse dire que j’ai pu mettre une structure très forte en place. Au-delà de ce projet je sors du lancement d’un autre projet qui est le projet REF qui est le projet de financement rapide qui est financé par le PNUD d’une enveloppe de 1.500.000 dollars qui couvre 500 femmes individuel ou collectives et aussi 500 micro PME. Vous savez en Afrique généralement toutes les activités sont exercé dans l’informel vous verrez que c’est des activités dans lesquelles il y a un chiffre d’affaire conséquent et du personnver.Mais ils ne sont pas formalisés. Ce projet va donc accompagner ces entreprises et renforcer leur capacités entrepreneuriales. Les entreprises qui sont éligibles à ce projet sont des entreprises qui ont un chiffre d’affaire de 50.000.000 et qui ont 50% des femmes dirigeantes on suppose que dans l’entreprise les 50% sont dominés par les femmes et accompagner ces femmes c’est accompagner leur processus de mutation en les formalisant davantage parce que si nous réussissons la formalisation progressive des entreprises c’est amélioré l’assiette fiscale de l’Etat parce que c’est les entreprises qui vont participer et les 500 autres femmes et jeunes filles aussi leur capacités entrepreneuriales sera renforcée c’est l’objectif. C’est un projet pilote sur 18 mois au projet BADEA.
On a un autre projet d’Appui intégré à ’entreprenariat féminin post covid le secteur privé selon les statistique de APIP donne 17% sur 40.000 entreprises crée les femmes ont une représentativité de 17% féminine notre secteur privé est un secteur qui n’est pas très compétitif nous savons que l’Etat a essayer de mettre les bouchées doubles du côté du ministère des PME pour les rendre compétitifs mais il se trouve que les femmes sont très sous représentée il faudrait réellement pensée a booster la représentativité des femmes où qu’elles soient. Nous savons que les femmes peuvent aller créer leurs entreprises mais ce peu de femmes sur les 17% on se demande quel est le pourcentage des femmes qui ont pu entretenir les activités de leur entreprise.
A pouvoir améliorer leur capacité d’évolution en markéting en réseautage… c’est important ce projet pilote est lancé aujourd’hui la RFF qui va finir en 2022 nous osons espérer que nous allons décrocher ce financement du côté de la BADEA la note conceptuelle est déjà élaborée et comme c’est le ministère du plan et de développement économique qui est en charge de porter la note conceptuelle auprès de la BADEA j’ai transmis la lettre de demande d’établissement de la requête du gouvernement ou du département suivi de la note conceptuelle pour pouvoir mieux porter ce dossier auprès de la BADEA et nous allons multiplié les démarches parce que ce projet aussi est sous l’œil très vigilant du président de la république qui nous suit c’est pour cela je dis qu’il est y a la volonté politique très avérée même l’enveloppe des 15.000.000 d’euros c’est lui qui m’a aidé a mobilisé bon on a techniquement travailler mais nous savons le financement pour aller le décrocher il faut vraiment un fort plaidoyer et ce fort plaidoyer il a pu le faire.

3- Que pensez-vous des violences basées sur le genre ?
Nous savons qu’aujourd’hui nous parlons de violence basés sur le genre moi je dis il y a de la matière et puis il y a des avancés, des acquis en termes de violence parce que aujourd’hui il y a plus de dénonciations parce que les femmes où les filles les familles commencent à comprendre les enjeux. Déjà les ONG sont sur le pied d’œuvre pour pouvoir éradiquer ou minimiser davantage les violences basées sur le genre en collaboration avec mon ministère et il y a plus de dénonciations et le président de la république le dit à chaque fois ça rassure et nous savons que généralement il y a plus de viols de mineurs c’est regrettable et personnellement je m’implique. Lorsqu’il y a un cas parce que nous avons des structures déconcentrées dans toutes les communes parce que ce département a été scindé et avec les Directeurs, les inspecteurs régionaux de la promotion féminine de l’action sociale et de l’enfant, nous travaillons en tandem. Nous sommes en phase de reconstructions nous avons discuté avec le ministère de la fonction publique de notre cadre organique nous envisageons certes mais nous travaillons pour ne pas qu’il y est une rupture. C’est ces structures déconcentrés qui créent le lien avec nos départements et le département de l’action sociale et chaque fois qu’il y a des violence basées sur le genre nous faisons intervenir parce qu’à chaque fois sue j’ai écho d’une situation de violence basées sur le genre ou de viol surtout de mineur je prends attache directement soit avec la Directrice communale ou l’inspecteur qui est en charge pour me remonter un rapport et cela en terme d’avancée institutionnelle ou d’acquis il y’a la création du ministère des droits et de l’autonomisation des femmes que le président a eu cette volonté de dédié aux femmes, il y a les services OPOGE qui a été créé et qui travaille aussi en tandem. Nous avons les cellules basées sur le genre nous avons la brigade spécialisée de la gendarmerie en charge des personnes vulnérables qui a été récemment inaugurée qui est très active et le ministre de la justice qui est avocat de profession. Je l’ai exhorté a accélérer les dossiers parce que nous savons qu’avec la justice les procédure son longue et très couteuse et il faudrait réellement mettre un mécanisme pour ne pas que notre population qui est en grande majorité analphabète se décourage. Les victimes pensent qu’une fois qu’on porte plainte il faut obtenir ipso facto condamnation alors qu’il y a tout un processus et il faudrait que les ONG aussi parviennent a expliquer cela aux femmes nous aussi devons leur expliquer que la procédure elle est très longue complexe et n’est pas automatique. Il faudrait qu’à notre niveau nous puissions négocier la célérité c’est important parce qu’a partir du moment qu’il y a un cas de constatation de violence le dossier est déjà instruit il y a eu une enquête préliminaire transmis par devant le tribunal compétent, qu’il y ait automatiquement une instruction et que les délais soit raccourcis. S’il n’y a pas une longue période d’attente ça pourra soulager. Il faudrait sensibiliser les femmes pourquoi pas les former
Nous parlons des femmes mais les femmes sont habilitées à défendre leurs intérêts si elles sont formés sur l’étendue de leurs droits elles pourront mieux se défendre. Certains sont choquées sinon consciente de la gravité de cette violation mais n’arrive pas a dénoncé. Parce qu’elle a peur que sa stabilité économique prenne un coup. Mais si c’est une femme qui est éduqué elle ne va pas accepter de subir cette violence c’est pourquoi notre cheval de bataille c’est la promotion de l’éducation de la jeune fille. Nous voulons promouvoir l’inscription des jeunes filles à l’école. Et aussi leur maintien à travers les mécanismes de scolarisation de la jeune fille pour qu’il y ait suffisamment de femmes éduquées afin qu’on ne soit plus confronter à cette situation.

4- Un message aux jeunes filles qui vous suivent ?
Aux parents je les exhorte à inscrire les enfants à l’école, inscrire davantage les filles à l’école aussi essayer de les maintenir afin qu’elle puisse aller loin et si possible favoriser l’accès des filles au numérique parce que la digitalisation est la quatrième révolution industrielle mon président aime le dire nous avons raté les trois révolutions industrielles il ne faut pas rater la quatrième. Que les filles soit davantage dans l’option scientifique et d’ingénieuries. Il faudrait pas que les filles soient seulement en journalisme et celles qui sont éduquées puissent oser et croire en elles et surtout assurer son développement personnel pour pouvoir être de véritables dirigeantes de demain car un homme moderne aujourd’hui est celui qui parvient a parlé l’anglais, et maitrise le numérique. Que les femmes puissent en faire autant parce que l’égalité ce n’est pas seulement le quota mais que nous puissions valablement représenter ce poste qu’on nous confie. Que nous soyons valablement compétent au même titre que les hommes.

Propos recueillis par Ismaila Badji

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