Entretien avec le Ministre de la sécurité et de la protection civile de la République de Guinée

Damantang Albert Camara – Ministre de la sécurité et de la protection civile de la République de Guinée

1- Nous avons noté récemment au Mali, une crise politique. Une situation assez récurrente dans beaucoup de pays d’Afrique. Quelle lecture faîtes- vous de cet état de fait ?
Je pense que l’Afrique continue son apprentissage démocratique qui malheureusement parfois nous oblige à payer un prix assez fort celui de la déstabilisation de nos Etats et parfois de la violence politique. Ce qu’on souhaite en tant qu’Etat africain proche du Mali c’est que la situation rapidement revienne à la normal et que l’ensemble des partenaires du mali et des pays amis s’s’investissent pour les aider à ramener l’ordre constitutionnel et surtout que cela se fasse exclusivement au bénéfice du peuple malien. En tant que ministre de la sécurité nous avons une oreille et une écoute attentive à ce qui se passe là-bas puisque nous sommes frontalier du Mali et nous avons surtout des inquiétudes sur la gestion des groupes et actions terroristes qui pourraient se voir amplifier par rapport au déséquilibre institutionnel qui existe au Mali en cela ça nous concerne et nous restons attentif à la situation.
2- Des attentats jihadistes sont notés dans les pays voisins de la Guinée. Justement que faites-nous pour préserver la paix et la sécurité transfrontalière du pays ?
Déjà les missions régalienne de la sécurité à savoir la veille la prévention vous savez que sommes-nous même sur le terrain de la lutte contre le terrorisme parce que nous avons un bataillon qui intervient au mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et en Guinée nous exerçons une surveillance particulière sur tout ce qui pourrait être mouvement fondamentaliste comme cela se fait dans la plupart des pays nous tenons jalousement à préserver nos frontières c’est pour ça qu’avec la plupart des pays frontaliers nous avons une organisons au niveau des frontières des patrouilles mixtes pour veiller à la sécurité transfrontalière et au-delà de ça nous restons vigilant sur toute informations qui pourrait correspondre à une menace terroriste.
3- Quel message adressez- vous à la jeunesse qui quelques fois use de la violence pour se faire entendre ?
Je leur demande surtout de penser d’abord à eux-mêmes et d’éviter d’être des instruments au service d’un certain nombre de politiciens. Alors on me dira c’est facile à dire lorsqu’on est au pouvoir et que soi-même on s’appuie sur des militants pour arriver aux affaires c’est la loi du genre mais en même temps il faut le faire avec discernement et surtout éviter tout ce qui va l’encontre des principes démocratiques comme céder a la violence, au terrorisme, à tout autre action qui met en danger la stabilité d’un pays. Je dis encore et, on l’a vu récemment dans les pays limitrophes à l’étranger la plupart sont confrontés à une nouvelle forme de rapport avec la démocratie la plupart des peuples aujourd’hui conteste le pouvoir en place par rapport à un certain nombre d’évènement de facteurs nouveaux qui alimentent la vie publique et qui font que la perception de la décision politique n’est pas forcement bien perçue tous les gouvernements aujourd’hui dans le monde entier se trouvent confrontés à une nouvelle vision à une nouvelle approche de la démocratie par les peuples et on doit le prendre en compte en Afrique
Cela se manifeste par l’accès à l’information et parfois à un mimétisme vis-à-vis de ce qui se passe en occident nous n’avons pas les mêmes problématiques nous n’avons pas les mêmes défis et les gouvernements africains ne peuvent permettre que ce qui se passe ailleurs se passe en Afrique parce que tout simplement nous sommes en pleine construction de nos démocraties .
4- Les permis biométriques arrivent à point nommé en Guinée. Quel a été le déclic derrière cette « révolution » pour les titres de transport ?
Écoutez, c’est une initiative un projet du ministère des transports à laquelle notre département est fortement associé pour le contrôle des conducteurs la sécurité routière et l’identification des conducteurs. Plus qu’une évolution c’est une véritable révolution puisque la Guinée est l’un des rares pays au monde où passer le code de la route où le permis de conduire n’était pas forcement obligatoire nous avons beaucoup de conducteurs en Guinée qui ont eu leur permis sans avoir fait une auto-école et sans avoir passer d’examen. Certains ne savent ni écrire, ni lire et ne sont pas forcément en bonne santé et vous pouvez imaginer en quoi cela peut être dangereux en matière de sécurité routière. Cela va être résolu avec le nouveau permis biométrique grâce à des instruments qui permettent de contrôler les conducteurs, de vérifier qu’ils sont en état de conduire qu’ils ont des connaissances nécessaires et l’amélioration de cette sécurité routière va conduire forcement à avoir un impact sur les activités de la société c’est pour ça que je considère que c’est une véritable révolution pour nous.
5- Les réseaux sociaux ont un pouvoir incontestable. Cependant, il arrive que l’on note des frasques qui conduisent au chaos voire à une instabilité notoire lorsqu’ils sont utilisés à des fins de mobilisation pour des manifestations lors des élections par exemple. Qu’en pensez- vous ?
Je pense qu’on est en train d’amorcer un virage important à savoir , la révolution du numérique. Les nouvelles technologie de l’information qui se mettent au service du développement mais qui peuvent également se mettre au service d’activités crapuleuses qui mettent en danger nos démocraties quand on voit comment certaines puissances sont capables de manipuler l’information à travers les réseaux sociaux les fakes news et donc l’accès à cette information tout en étant une opportunité nous permet d’œuvrer d’avantage sur notre jeunesse et faire de telle sorte qu’elle en saisissent les aspects importants qui permettent de se développer et de s’épanouir et qu’on arrive à limiter les effets pervers qui mettent en danger les Etats et les démocraties. Nous avons des démocraties très jeunes qui se construisent. On ne peut pas prendre le risque de laisser la technologie menacer ces démocraties.

Propos recueillis par Ismaila Badji

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