Entretien avec le Ministre de la Communication: « Les jeunes doivent s’intéresser davantage aux réseaux comme Linkdin… »

Amara Sompaoré- Ministre de l’Information et de la Communication de la République de Guinée

1- Que représentent l’information et la communication pour vous ?
L’information et la communication sont deux choses différentes. On peut dire c’est les deux jambes d’un même corps mais c’est deux choses quand même distinctes. L’information comme son nom l’indique consiste à donner des informations à décrire des situations, à apporter des connaissances sur des problématiques données à la population. On s’inscrit dans une logique de transmission d’informations de ceux la qui produise ou qui la crée vers ceux qui la consomme. La communication c’est ce qui permet à des entités, personnes, et institutions différentes, de pouvoir être en contact et de pouvoir échanger entre elles à la fois des informations mais aussi beaucoup d’autres choses grâce à la digitalisation, aux réseaux sociaux. Ce qu’on appelle aussi médias sociaux. Grâce à eux, la transmission d’information se fait à l’échelle planétaire et en une fraction de seconde. Un évènement qui se produit en Guinée peut être transmis à un sénégalais qui se trouve à Saint-Louis donc ça change un peu la perception et l’approche que nous, pouvoir public, devons avoir de cette denrée. Et de la façon dont la population s’expose et de comment elle gère ces réseaux pose un certain nombre de problématique .


2-Souhaitez-vous lancer un message à la jeunesse par rapport à l’utilisation des réseaux sociaux ?
Le message que je souhaite leur lancer est un message de responsabilité. L’usage des médias sociaux s’est développé à une vitesse extrêmement importante mais malheureusement le recul nécessaire qui doit être pris par rapport à leur utilisations ou la consommation des données qui circulent sur ces médias n’a pas encore été intégré par la jeunesse guinéenne et même africaine ce qui fait que trop souvent des réactions démesurées ou des mouvements de foules, des acharnements contre des personnes qui ont été l’objet de dénigrement sur les médias sociaux prend une ampleur effrayante. Et on a pu même le constater lors des élections récentes, que l’utilisation de ces médias a revêtu un rôle différent parce que c’était devenu le moyen idéal pour véhiculer des messages de rassemblement, de révolte, de rébellion contre les pouvoirs publics. La jeunesse doit être extrêmement responsable par rapport à l’utilisation des réseaux sociaux et pour cela, il faut mieux les former sur les dangers de ces médias parce que beaucoup ne savent pas faire une bonne utilisation de ces médias. Il faut encourager l’utilisation des réseaux comme LinkedIn qui sont des plateformes importantes mais qui sont malheureusement absents de leur smartphones.


3- Quelles sont les perspectives du Ministère de la communication ?
Les perspectives sont nombreuses parce que l’une des préoccupations du chef de l’Etat à l’entame de son premier mandat de la quatrième République, c’est vraiment de professionnaliser la presse guinéenne c’est-à-dire de renforcer la capacité des journalistes, les former et améliorer leurs connaissances de la pratique du journalisme et les rendre plus conscient de l’éthique et de la déontologie de la profession pour qu’on puisse mettre un terme à tous ces dérapages qu’on note dans les articles qui ont été mal écrit et qui n’ont pas fait l’objet de recoupement de source, de validation du contenu, bref il faut remettre au centre de l’activité du journalisme l’éthique et la déontologie. Donc le Président attache un prix à cela et c’est pourquoi tout un axe est centré sur la professionnalisation des médias et sur le renforcement institutionnel de l’encadrement de la presse au sens large. Donc ce sont les perspectives et au sein de ces axes là, il y a l’évolution du statut de la RTG, l’éditeur public national qui doit évoluer pour avoir plus d’autonomie pour pérenniser ses ressources pour qu’il puisse offrir plus de contenu éducatif, un meilleur contenu, beaucoup plus informatif à la population. C’est un processus qui à démarrer avec la transformation de l’actuel RTG en Office de la radio télédiffusion guinéenne. Il y a aussi la relance de OGUIDEM qui est Organisme Guinéen de la Déontologie et de l’Ethique des Médias.
C’est le jugement par les pairs qui existait déjà par le passé qui est tombé par la suite en désuétude et qu’on est entrain de réveiller. Déjà on a fini de mettre en place les contours de la nouvelle OGUIDEM la semaine prochaine-il y a une session de cadres permanent de concertation qui doit entériner les textes et le lancement de la nouvelle OGUIDEM
Il y a l’INA Institut National de l’Audiovisuel qu’on a créé en 2019, qui à l’image de l’institut national de l’audiovisuel français, va numériser toutes nos archives audiovisuel. D’abord de les collecter, les remettre en état et veiller à leur numérisation et archivage conformément aux règles de l’art c’est une des perspectives du département et on travaille dans ce domaine avec l’INA de France avec un appui de AFD c’est un processus qui est également en cours donc voilà les principales perspectives.


4-Quelle lecture faites-vous de la situation politique des états africains. Notamment au Mali qui a connu deux coups d’état dans une même année ?
C’est une question un peu large parce que l’Afrique est très diverse sur le pan politique, avec le Maghreb,l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est, l’Afrique Centrale, l’Afrique du Sud, ce sont des réalités géopolitique totalement différentes donc donner un avis au sens large sera compliqué parce que c’est des réalités très différentes. A propos de la crise au Mali, je déplore la situation actuelle, étant donné que c’est un pays frère de la Guinée. Le président Sékou Touré a toujours dit que ce sont les deux poumons d’un même corps d’une manière ou d’une autre on est un peu impliqué dans ce qui ce passe en bien ou en mal au Mali. Aujourd’hui, la situation est un peu compliqué mais ce qui est sûr, c’est que le gouvernent actuel à l’instar des autres gouvernements de la CEDEAO est engagé afin de trouver une solution à la crise malienne. Le Président Good Luck Jonathan qui est le médiateur est déjà surplace donc les négociations sont en cours et nous souhaitons que tout cela connaisse une fin heureuse.


Propos recueillis par Ismaila Badji

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